Super Valdeblore

Le début des années 60 marque aussi le début des grands projets de développement de la station. La SBM (Sté des bains de mer Monégasques) donne le coup d’envoi en rachetant le Grand Pré (le Sound del Pra) ainsi que le Petit Chamois afin de créer un ensemble résidentiel relié par traineaux à la station. Ce projet n’aboutira pas.

C’est alors que la Société d’Etudes, de Recherches et de réalisation d’Opérations rationnelles, spécialisée dans la construction d’ensembles immobiliers dépose un projet d’aménagement et d’extension de la station. Ce projet activement mené par son gérant M. Serror s’appuie notamment sur les conseils d’Emile Alais ancien champion Olympique et Directeur de la station de Courchevel. L’urbaniste Dufayard présente le premier projet dit Super-Valdeblore. Le domaine est divisé en 6 secteurs : La Colmiane- Col St Martin (avec pas moins de 10 remontées), la Face Est-Sud-est du Pétoumié (4 et + remontées), le Vallon des Millefonts (17 remontées), le Vallon du Barn et des Marges, la Vacherie du Collet, l’Adret de la vallée de Mollières et de Salèses, et enfin le Vallon de la Valette et vallon d’Anduébis.

L’urbanisation se développe sur 4 centres St Dalmas - La Colmiane, Le Col St Martin - le Suc (2000 lits), Millefonts et le Gasch (5000 lits), Salèses.  Ce projet qui peut paraitre mégalomaniaque prévoyait outre la construction de commerces et de résidences, un altiport, un héliport, une église de 400 places, une école de 2 classes, un centre commercial et une recette PTT, sur le secteur de Millefonts !!!! Il parlait de bowling, de curling, de patinoire mais aussi d’activités qui ont fini par émerger : équitation, piscine, spectacles…

M. Serror multipliera les démarches pour imposer son projet. Devant les difficultés rencontrées et peut-être un certain immobilisme, il partira vers Serre-Chevalier avec le succès que l’on connait. Le Ski-Club mené par le futur maire Jean Melan, ainsi qu’une représentation de personnalités du Valdeblore soutiendra auprès du maire de l’époque M.Richier, un projet ramené à la simple exploitation des Millefonts.

En 1967, au plus fort des débats, l’Ecole des Neiges sort de terre. En Janvier de cette même année, M.Cantié architecte, propose un programme d’aménagement de l’ensemble Résidentiel de Peyregrosse. Ce projet qui s’inscrit toujours dans le programme Super-Valdeblore prévoit la construction de 650 logements allant de l’immeuble collectif, aux chalets individuels ou jumelés en passant par les appartements individuels en bandes. Il est complété par la construction d’un jardin d’enfants, un centre commercial, des clubs, une piscine-patinoire, un lycée, de nombreux parkings et espaces verts.

Début 68, Georges Dufayard révise son projet à la baisse. L’équipement du Pétoumié et l’extension autour des villages sont abandonnés. Il prévoit la construction de 50 chalets sur le Col St Martin, de 1500 lits sur Millefonts, 5000 sur le Collet-Ingolf, 1700 sur les Adus.

En Septembre 68, la commission interministérielle pour l’aménagement touristique de la montagne rend un rapport sur le développement possible du domaine. C’est le rapport Michaud. Le secteur de Mollières s’étend sur les Bresses, Pagari, Salèses, Frémamorte, Le Collet, le Barn, tandis que le domaine des Adus comprend le Mont Archas et la Baisse de la Valette. Valdeblore et Saint-Martin se partagent donc cette nouvelle extension.

 Dans les années 71-72, la commune rachète l’ensemble des installations et crée la Régie Communale. Le projet Azur 2000 rentre en concurrence avec Isola 2000 plus prompt à retenir les investisseurs. Jean Melan, le maire de l’époque, dira à son fils Yves que l’accord avec les investisseurs anglais a échoué à quelques jours près. Alors que le Parc est encore dans les limbes de sa création, la Jeune Chambre Economique du Pays Niçois dépose en 1976 le projet d’aménagement d’un stade de neige dans les vallons des Millefonts, Anduébis, Margès et Barn. Guy Dufour, Président de la Compagnie des guides des Alpes Méridionales collabore activement à ce projet résolument tourné vers l’amélioration du cadre de vie et des conditions de vie des populations locales et qui prévoit la mise en place d’une politique d’ensemble de rénovation rurale. Après le flux d’exode rural, ce projet doit permettre un reflux de population jeune. Ainsi que nous l’avions vu dans les années 30, ce projet entend également privilégier les entreprises locales. Il rejette le ski de piste comme seul élément de développement et entend développer l’alpinisme, le ski de randonnée, le ski nordique, la randonnée pédestre, la spéléologie, la randonnée équestre, la chasse photographique.

 Les études de faisabilité détruisent l’utopie d’une fréquentation internationale à l’instar de la Côte et prouvent que ce domaine ne peut que s’adresser à une clientèle de proximité. Aussi toutes les installations doivent-elles trouver leur utilisation tout au long de l’année et satisfaire une demande des structures locales comme les comités d’entreprise. Désormais les 3500 lits prévus doivent se répartir autour des noyaux d’urbanisation existant à St Martin et Valdeblore. L’accès au domaine se faisant par téléporter.

 En 1983 le Parc officiellement créé en 1978 soutient ce projet dit de stade de neige, qui est intégré au Contrat de Plan Etat-Région. La Compagnie Générale des Eaux manifeste son intérêt pour la promotion de ce stade de neige. Mais comme il est de règle, les décideurs restent les municipalités. Super-Colmiane, Azur 2000, le Stade de Neige restera donc dans les archives.

      Cartographie de l’implantation de la méga station de Super-Valdeblore

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